Grossophobie.ca : déjà 1 an ! (Un mot d’Edith)

Eh oui. C’est aujourd’hui que Grossophobie.ca – Infos & référence fête son 1er anniversaire ! Pour célébrer cette journée spéciale, j’ai choisi de revenir sur ce qui a mené à la naissance du site…

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Un dimanche après-midi d’août 2019. Je tente vainement d’expliquer à une personne, qui trouvait normal que des personnes se questionnent sur son corps, à savoir “si elle était enceinte ou avait mangé un taco de trop” (citation approximative). J’ai voulu lui expliquer que de normaliser ce genre de jugement est néfaste. Que de se permettre des réflexions et questionnements sur les personnes sur la base unique de leur corps fait partie des enjeux qui relèvent de la grossophobie. 

C’est là que j’ai constaté à quel point, même parmi les personnes qui se disent / considèrent woke (conscientisé[e] aux enjeux sociaux, notamment des questions de privilèges et d’oppression), la grossophobie était une discrimination mal connue. Elle est souvent incomprise, négligée, voire carrément oubliée dans la quête de justice sociale.

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Cela faisait 2 ans que j’enchaînais les call-out. Que je dénonçais la grossophobie ambiante, plus souvent qu’autrement avec une certaine colère. J’ai décidé d’essayer autre chose.

Pourquoi ?

Parce que les personnes qui veulent comprendre n’aiment pas se faire crier après. (En fait, pas grand’monde n’aime ça !) Le besoin de hurler sa frustration est légitime, particulièrement parmi les personnes qui partagent une oppression. Mais la colère rend rarement une cause « sexy » aux yeux des non-concerné(e)s. Surtout quand ces personnes ne sont pas convaincues de la légitimité de ladite cause.

C’est là que j’ai réalisé que je voulais AUSSI parler aux personnes qui se trouvaient au-delà de la communauté grosse et de ses allié(e)s. Ne pas me limiter aux personnes déjà convaincues de la pertinence de la lutte à la grossophobie. Je voulais aussi m’adresser aux curieuses et curieux. Aux hésitant(e)s. Aux sceptiques, même.

J’ai eu rapidement la chance de voir Catherine Labelle, réviseuse, mais rapidement devenue mon bras droit, apparaître dans mes messages. Elle voulait m’offrir son aide dans ce merveilleux projet. Elle a consacré bien du temps, de l’inspiration et de l’énergie à ce site et je la remercie du fond du coeur d’avoir accepté de se lancer là-dedans avec moi. (Et d’être encore là !)

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Grossophobie.ca – Infos & référence est une plateforme dont je suis extrêmement fière et qui m’a permis d’aller parler de la discrimination envers les personnes grosses dans les médias à de nombreuses reprises. Ce fut le tremplin de la pétition à l’Assemblée nationale lancée en novembre dernier. C’est aussi suite à sa mise en ligne, à titre de premier site web québécois de référence sur la grossophobie, que j’ai été sollicitée par une maison d’édition afin d’écrire sur cette importante, mais épineuse, question. (Bonne nouvelle : cet ouvrage sortira en librairie le 2 septembre 2020 !)

Depuis la naissance du site, Catherine et moi avons eu la chance d’offrir des conférences et de participer à différents panels de discussions. La COVID-19 a affecté nos activités prévues ce printemps et cet été ; une dizaine d’événements auxquels nous devions participer ont dû être annulés. Mais nous serons là quand ce sera (enfin) fini. Car la grossophobie ne prend pas de vacances, même en temps de pandémie !

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Mes souhaits pour entamer cette seconde année ? Constance et croissance. Tant au niveau de notre capacité à continuer à suivre et commenter l’actualité que dans le nombre de personnes que l’on rejoint. Sans public, sans lectrices et lecteurs, ce site n’existerait pas. Sans vos messages, votre soutien, vos idées, vos commentaires et vos bons mots, Grossophobie.ca n’aurait pas la même valeur. Pas la même pertinence. (Pour faire un jeu de mots douteux… pas le même poids !)

Si, depuis août 2019, la grossophobie n’a pas pris de relâche, il faut reconnaître que la conscientisation à ce phénomène, elle, a grandi. On a qu’à penser à la pub de Maxi ; ce sont les reproches du public qui ont eu raison du fat suit de Martin Matte, pas une soudaine prise de conscience des créateurs de la publicité.

Et ça, c’est une excellente nouvelle. Ça veut dire que la discrimination envers les personnes grosses est de plus en plus comprise et considérée. Que la lutte contre la grossophobie est peut-être en train de devenir une revendication moins marginale.

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Et ça, ça me donne beaucoup d’espoir…


 

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À propos de l'auteur(trice)

Edith Bernier

Fondatrice de Grossophobie.ca - Infos & référence, conférencière et consultante, elle lutte activement contre la grossophobie depuis 2017. Elle a écrit sur les préoccupations des femmes taille plus en voyage (sur La Backpackeuse taille plus) pendant 6 ans.

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