Défaire les mythes. Un commentaire à la fois.

Les mythes sur les personnes grosses – et sur les façons de « ne plus l’être » – sont nombreux. Malgré plusieurs études (malheureusement méconnues) qui démontrent le contraire, les fausses croyances qui expliquent les raisons d’un poids plus élevé – et comment y « remédier » – ont la couenne dure sur le web.

C’est à l’aide de commentaires réels tirés de Facebook que ces mythes seront illustrés pour être mieux… démentis.

AVERTISSEMENT
Certains commentaires pourraient être offensants ou
déclencheurs de détresse ou d’inconfort pour certaines personnes.


Note : Ces commentaires ont été formulés publiquement sous différentes publications Facebook de médias partageant des nouvelles à propos de la récente pétition lancée à l’Assemblée nationale du Québec. Comme les commentaires ont été formulés sur des pages publiques, les noms des personnes à leur origine ne sont pas cachés ; seuls les noms des personnes à qui ces personnes s’adressent (lorsque c’est le cas) ont été caviardés.


La grossophobie n’existe pas.

En 2010, on disait déjà que « Des estimations récentes suggèrent que la prévalence de la discrimination liée au poids a augmenté de 66 % au cours de la dernière décennie, cette prévalence étant désormais comparable à celle liée à la discrimination raciale aux États-Unis. ».

En 2017, on faisait état du fait que 40 % des adultes américains avaient fait l’objet de taquineries, de traitement injuste ou de discrimination à cause de leur poids.

Conclusion : C’est plutôt clair que la grossophobie existe. Et non, ce n’est pas la peur des gros. (On l’explique d’ailleurs ici.)


Être gros(se), c’est un choix.

Il existe de nombreuses raisons qui expliquent le poids. Ces raisons vont bien au-delà des raisons individuelles (consommation de calories supérieure à la dépense calorique, niveau d’activité physique, etc.). Comme on peut le lire dans PharmacoEconomics (juil. 2015), les facteurs de risques liés au développement de l’obésité sont, en partie, individuels, mais aussi génétiques, socio-économiques, médicaux et environnementaux.

L’éminent journal The Lancet a également rapporté qu’à l’instar d’autres affections, l’obésité est complexe et a les mêmes déterminants (e.g. génétiques et environnementaux) que le cancer.

Conclusion : La volonté personnelle ou les choix alimentaires ou d’activités ne sont pas les seules raisons derrière un gain de poids.


Perdez du poids / les régimes fonctionnent

Le Dr Jean-Philippe Chaput l’a indiqué lors d’une émission sur les ondes de Radio-Canada : les diètes sont inefficaces dans une proportion de 95 %.

De plus, le phénomène de « yo-yo » – des cycles de perte/gain de poids – est associé à des risques élevés pour la santé.

Enfin, dans un récent reportage, le Dr Dominique Garrell expliquait que la génétique est responsable à 70% du poids des individus.

Conclusion : Si un individu a le contrôle sur 30 % de son poids, mais a 95 % de chances d’échouer à en perdre via une diète, quelles sont ses chances de maigrir à long terme ? (La réponse : ses chances sont infimes.)


Quand les personnes grosses en auront assez de se faire intimider, elles maigriront

Les études sur le fat-shaming (le fait d’être humilié à cause de sa taille / son poids) sont claires. « Écoeurer » une personne sur sa taille peut rendre cette personne malade et… lui faire prendre du poids. L’humiliation émanant de la grossophobie a des conséquences physiques et psychologiques. L’anxiété liée au fat-shaming peut même déclencher une réponse inflammatoire dans le corps humain.

Conclusion : « Écoeurer » les personnes grosses ne les fera pas maigrir. Cela nuit en fait à leur santé.


Être gros(se) est un handicap

Le fait de vivre avec un handicap (physique ou psychologique, visible ou pas) peut être un facteur de risque de l’augmentation du poids. Inversement, le fait d’être gros(se) ne devrait pas automatiquement être considéré comme une forme de handicap.

En jetant un œil autour de soi, on constate rapidement qu’une grande partie des personnes grosses mène une vie active. Les personnes grosses vont à l’école, travaillent, s’occupent de leur famille et font même du sport !

Conclusion : Bien que pour certaines personnes, la taille peut relever du handicap (ce qui les protégerait au sens de la Charte des droits et libertés du Québec), ce n’est définitivement pas le cas de toutes les personnes grosses.


Certes, de nombreux autres mythes auraient pu être déboulonnés dans ce billet… Une chose est sûre : il y a suffisamment de contenu pour prévoir une suite !


 

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À propos de l'auteur(trice)

Edith Bernier

Fondatrice de Grossophobie.ca - Infos & référence, conférencière et consultante, elle lutte activement contre la grossophobie depuis 2017. Elle a écrit sur les préoccupations des femmes taille plus en voyage (sur La Backpackeuse taille plus) pendant 6 ans.

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