Pour une représentation plus humaine

Dernièrement, on publiait un article sur notre fondatrice dans le Journal de Québec et de Montréal. Bien que le contenu fût adéquat, on ne peut passer sous silence le malaise face à l’image qui l’accompagnait.

En effet, on y voit un enfant gros, seulement présenté par son tronc dénudé, mettant l’accent sur son ventre rond et ses plis. Ce n’est pas la première fois qu’on présente des troncs étêtés de corps gros lorsque les médias parlent « d’obésité ». Utilise-t-on ce genre d’images pour parler des autres groupes ?


La représentation

La façon dont les personnes grosses sont représentées dans les médias est souvent problématique et déshumanisante. On met l’accent sur les détails considérés moins esthétiques, par exemple des gros plans de bourrelets, de ventres ronds, de cellulite, de vêtements ‘mal ajustés’. Les personnes consentent rarement, et ignorent souvent qu’elles sont filmées.

Centrer le focus sur ces corps alimente la stigmatisation et les préjugés à l’égard des personnes grosses qui sont représentées de façon unidimensionnelle. En accentuant l’aspect physique des corps gros, en les médicalisant et en soulignant les coûts sociaux qu’ils peuvent impliquer, il est facile de mettre de côté l’humain derrière l’image. Ces images négatives amènent non seulement des sentiments négatifs (dégoût, méfiance, jugement) par l’ensemble de la population, mais les personnes affectées peuvent également retourner ses émotions envers elles-mêmes.


La réalité

Notre société est diverse et constituée de personnes de toutes les tailles. Outre les corps gros, aucun autre groupe n’est représenté ainsi. Dans la réalité, les personnes grosses ont des vies riches et complexes. Mettre une étiquette sur une personne en raison de sa taille risque non seulement d’augmenter la violence (psychologique, systémique, et parfois même physique) envers elles, mais également de les ostraciser. Tout le monde a droit de prendre sa place dans la société. Avoir un corps gros n’est pas synonyme de mauvaise santé. Certaines personnes grosses ont une bonne santé, d’autres non. Au même titre que les personnes non-grosses. Mettre l’accent sur le devoir de santé d’une personne à la seule évaluation visuelle est un détriment pour tous.


Pour une meilleure image…

Réhabiliter le corps gros, c’est aussi de le montrer sous différents angles. L’association problématique du tronc sans tête et de l’obésité (ou de la maladie) n’a plus sa place dans les médias.

Être exposé à différents types de corps permet de déconstruire les préjugés, mais aussi de remettre l’humain au cœur de nos interactions. Est-ce que de présenter des troncs étêtés est vraiment la seule représentation possible? Certainement pas. Il est temps de changer les perceptions pour une diversité qui nous ressemble tous.

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À propos de l'auteur(trice)

Catherine Labelle

Catherine Labelle est la réviseure de Grossophobie.ca - Infos & référence. Elle s'est d'abord fait connaître par des collaborations avec le blogue Dix Octobre. Elle est diplômée en travail social (B.A. - Université McGill) et en traductologie (M.A. - Université Concordia).

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