« Body positive », diversité corporelle, « Fat acceptance »…

Les termes « body positive » et « diversité corporelle » sont de plus en plus utilisés et médiatisés depuis quelques années. Plusieurs autres termes s’y greffent parfois aussi : fat acceptance, acceptation de soi, etc.

Coup de marketing ?

Réel désir de changer les choses ?

Confusion des genres ?

On vous explique la nuance entre diversité corporelle / body positivefat acceptance et acceptation de soi pour y voir plus clair.


Diversité corporelle et « body positive »

Si on résume vraiment beaucoup, c’est la représentation des types corporels généralement non représentés dans les standards. Ces types corporels en manque d’inclusion comptent notamment* :

  • les personnes racisées ;
  • les personnes très grandes ou très petites ;
  • les personnes vivant avec un handicap ou une maladie visible (ex. utilisation d’une aide à la mobilité, maladie de peau, trisomie, etc.) ;
  • les personnes de différentes orientations et expression de genres, incluant notamment les personnes non-binaires, gender fluid et trans ;
  • les personnes démontrant des « signes d’âge » (ex. cheveux blancs, rides, etc.) ;
  • les personnes grosses

*À noter que cette liste n’est pas exhaustive…

La diversité corporelle est un grand mouvement dont fait partie le fat acceptance. Les corps gros font partie des types corporels qui ne sont pas traditionnellement représentés.

La diversité corporelle est beaucoup plus que l’acceptation et la représentation des grosses personnes, en opposition au fat acceptance. (Même si les deux sont souvent confondus.) La diversité corporelle et le body positive incluent plusieurs types de corps qui, même si considérés non-gros, sont quand même sous-représentés.


Fat acceptance

Le fat acceptance (l’acceptation des personnes gros[ses]) est parfois désigné par des termes comme « size acceptance » ou « fat pride ». (On l’amalgame occasionnellement à la « fat liberation », bien que cela ne fasse pas consensus dans tous les milieux militants.)

Le fat acceptance est un mouvement social qui cherche à transformer les biais anti-gros de la société en sensibilisant le grand public sur les obstacles auxquels sont confrontées les personnes grosses. Ce mouvement aborde notamment la notion esthétique, l’aspect légal et l’approche des professionnels de la santé face aux personnes qui sont plus grosses que la norme sociale.
(Source – traduction libre)

Grossophobie.ca – Infos & référence, par exemple, fait partie de ce mouvement.

À la différence de la diversité corporelle ou du body positive, le mouvement fat acceptance se « limite » aux personnes grosses. Toute personne possédant l’une ou l’autre des caractéristiques du body positive combinée à un corps plus gros peut s’y associer. (Ainsi que leurs allié[e]s, bien sûr.)


L’acceptation de soi

Dans tous les cas, il ne faut pas confondre diversité corporelle, fat acceptance et l’acceptation de soi.

Car l’acceptation de soi inclut les corps qui font partie intégrante du standard, comme on l’a déjà vu avec notre étude du #PlusDePlis de Marilou. Une personne qui fait preuve d’acceptation de soi n’est pas automatiquement body positive et/ou fat acceptance. Pourquoi ?

Parce qu’une personne faisant partie des standards de beauté qui vit avec un complexe corporel pourrait très bien être la seule personne à connaître / voir ce complexe. Cette personne continue néanmoins d’être associée par la population aux standards de beauté traditionnels. Et de bénéficier de tous les privilèges qui viennent avec cette association.

Enfin, l’acceptation de soi est souvent le fruit d’une introspection qui n’est pas nécessairement effectué dans une perspective de positivité corporelle ou de fat acceptance. Elle se limite généralement à soi mais ne s’étend généralement pas aux autres.


Somme toute, c’est une bonne nouvelle que ces expressions aient fait du chemin dans la culture populaire et médiatique. Il demeure cependant important d’utiliser les bons termes de la bonne façon.

Mais il est surtout essentiel de ne pas les utiliser à la volée, simplement pour créer un buzz, et sans les mettre en pratique de façon concrète.


 

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À propos de l'auteur(trice)

Edith Bernier

Fondatrice de Grossophobie.ca - Infos & référence. Elle blogue également sur les préoccupations des femmes taille plus en voyage (sur La Backpackeuse taille plus) depuis 2013 et est active dans la lutte à la grossophobie depuis 2017.

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