Gros(se) n’est pas un déguisement

L’Halloween arrive à grands pas. Et il semble important de faire ce petit rappel sympathique, mais important.

Gros(se) n’est pas un déguisement.


Se déguiser en gros(se) à l’Halloween, c’est un peu comme dire aux personnes grosses : « Ton corps est un déguisement, une joke. »

Cela envoie un message dans le même esprit que le fat-shaming. On présente le corps gros sous la forme d’un truc risible. On sous-entend que les personnes grosses ne méritent pas d’être respectées. Ou pire, que c’est acceptable de les considérer comme quelque chose de risible, de comique.

Même si beaucoup persistent à croire que cela soit le cas, avoir un gros corps n’est pas un choix. (En fait, il y aurait plus de 100 facteurs qui contribueraient au développement d’un poids élevé.) 


Les temps changent…

Une personne qui a porté un fat suit (costume rembourré pour donner l’impression qu’une personne est grosse) au détour des années ’80-90 devrait-elle être étiquetée « grossophobe » ? Pas nécessairement. Pourquoi ? Parce que la notion de grossophobie n’existait pas vraiment dans ce temps-là. Que c’était encore plus socialement acceptable que ça l’est aujourd’hui de rire des personnes gros(ses). Tout simplement.

Bien qu’il soit important de regarder tout ça avec un oeil critique,
il faut aussi le faire avec honnêteté intellectuelle.

À l’époque, la plupart des activistes d’aujourd’hui croyaient (encore) que leur corps était le problème.
Le vrai problème, c’est le regard qu’on posait sur eux. 

Plusieurs ont bien ri de la version grosse du personnage de Monica (Courtney Cox portant un fat suit) dans la série Friends, une des séries les plus écoutées de la télévision des années 2000. Pourtant, avec un regard actuel, on réalise à quel point on s’en est servi pour mieux empiler les clichés sur les personnes grosses : consommation exagérée de nourriture, considération que grosseur égale laideur, maladresse, crédulité extrême…

Est-ce que le temps qui passe donne un passe-droit pour toute offense grossophobe du passé ? Certainement pas. Chaque cas est unique. Et chaque personne conserve son droit inaliénable à l’outrage.


… et les gens (devraient) aussi.

Qu’en est-il d’une personne qui porte un fat suit ou un quelconque « costume de gros(se) » aujourd’hui ?

La réponse est toute autre.

Parce que là, il n’y en n’a plus d’excuses.

Parce que maintenant, on sait.


 

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À propos de l'auteur(trice)

Edith Bernier

Fondatrice de Grossophobie.ca - Infos & référence. Elle blogue également sur les préoccupations des femmes taille plus en voyage (sur La Backpackeuse taille plus) depuis 2013 et est active dans la lutte à la grossophobie depuis 2017.

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