2019 : pour le meilleur… et pour le pire !

Faire une rétrospective de tout une année en un billet ? Gros contrat !

Mais il n’en demeure pas moins que plusieurs moments de 2019 méritent d’être soulignés.

Pour les bonnes – ou des moins bonnes – raisons !


COUPS DE COEUR

Les personnes grosses dans L’actualité

La journaliste québécoise Marie-Hélène Proulx a fait un travail de recherche impressionnant dans cet article dans lequel elle expose la grossophobie, en mots, en histoires et en chiffres. Proulx a donné une voix à des personnes qui vivent de la discrimination liée au poids, mais aussi à des expert(e)s sensibles à cette cause. C’est une des premières publications qui va aussi en profondeur et explore le sujet dans une perspective québécoise.

La vidéo de « Lesbian Break Up Song » de Safia Nolin

C’était notre premier « Gros coup de coeur ». Une représentation artistique, éthérée, sans flafla. Des corps différents, incluant des corps gros. Le clip de la chanson a laissé très peu de gens indifférents.

« La vie en gros » de Mickaël Bergeron

Le premier livre québécois à se consacrer à la grossophobie. L’essai de Bergeron, publié aux éditions Somme toute, est le condensé de 10 ans de la vie de l’auteur dans son corps d’homme gros. Bien connu des intervenant(e)s québécois(es) sur les questions de grossophobie, Mickaël est un des rares hommes de la province à aborder la discrimination envers les personnes grosses, et il en parle toujours avec éloquence.

La chanteuse Lizzo

Pour l’ensemble de son oeuvre !

Le réveil des organisations en santé publique

Publié le 19 décembre, on ne peut que se réjouir que le rapport de la Dre Theresa Tam, l’administratrice en chef de la santé publique canadienne, reconnaisse deux composantes importantes de la grossophobie. Plus précisément, on y disait que :

  1. les traumas causés par la stigmatisation des personnes grosses nuisent à l’obtention de soins de santé ;
  2. la grossophobie médicale (présentée sous l’appellation « stigmatisation liée à l’obésité ») existe chez les professionnels de la santé et est dommageable pour les personnes grosses.

L’association pour la santé publique au Québec (ASPQ) a, quant à elle, lancé le site web « Méfiez-vous des apparences trompeuses » en octobre. L’objectif premier du site et de la campagne ? Dénoncer les fausses promesses et les risques associés aux produits et méthodes de pertes de poids et/ou de gain de muscles.

Vous !!!

La réponse au lancement de Grossophobie.ca – Infos & référence en août dernier a été excellente, dès le début. Et ça, c’est à vous qu’on le doit. Merci d’avoir embarqué dans ce projet lancé un peu sur un coup de tête. Le momentum que nous avons présentement au Québec, un peu partout, à discuter de cet enjeu, vous contribuez à le faire durer.


COUPS DE MASSE

La « journée mondiale de lutte à l’obésité »

Ou devrait-on, comme on l’a fait à l’époque, la rebaptiser la « journée mondiale de lutte aux personnes grosses » ? Toute la journée dans les médias québécois, on pu entendre des discours grossophobes et mal informés. Mais surtout, on n’a bien pris soin de ne pas inviter de personnes concernées, grosses ou alliées à la table de discussion… alors qu’elles sont les principales intéressées.

Quelle belle occasion pour dénoncer un mini-scandale impliquant une grande compagnie pharmaceutique, une étude financée par eux et pour un organisme canadien (Obésité Canada)… le tout, disséminé de façon catastrophique par une agence de communication montréalaise.

Le cahier spécial de juin 2019 sur le réseau cyclable de la Ville de Québec

Cette année, il semblerait qu’on veut encourager les gens de Québec à utiliser le vélo… à grands coups de culpabilité teintée de grossophobie ! Une campagne plus positive où on laisse l’emphase sur la qualité de vie et l’environnement, ça ne punch plus assez, on dirait…

De plus, le document est extrêmement mal fait. On peut perdre 6 kilos en allant au travail en vélo tous les jours… en se basant sur qui, sur quoi mais surtout, en pédalant combien de temps, à quelle intensité ? On dirait que rigueur était déjà en vacances quand cet encadré a été écrit… 

Sophie Durocher : pour l’ensemble de son oeuvre

Dès mars, lors de son entrevue avec Mickaël Bergeron pour son livre « La vie en gros », on la sentait bien lancée pour une grosse (!!!) année.

Entrevue de Sophie Durocher avec Mickaël Bergeron (29 mars 2019 – source) :

 

Elle n’a pas non plus aimé le vidéo de Safia Nolin. (Quelle surprise.) Ou encore le billet où on prenait le temps d’analyser et d’expliquer ce qui était problématique dans la glorification de la perte de poids de Nathalie Simard…  Elle ne l’a tellement pas aimé qu’elle a omis de mentionner que, ce que l’on souligne, c’est que c’est l’association AUTOMATIQUE de la perte de poids et de la santé que l’on trouve problématique…

Sophie Durocher – Vouloir maigrir c’est être grossophobe selon une blogueuse  (13 sept. 2019 – source) :

 

Normal qu’elle ait qualifié ce même billet de « peut-être l’événement le plus absurde de 2019 » dans sa revue de cette année « en Absurdistan », selon ses termes. Le plus absurde ? Dans l’article original où elle critiquait notre billet, elle faisait état d’une perte de 55 lbs. (Et que là, on passe à 70… ?)

La dissonance de Coucou Les Girls 

Juliette Katz, la blogueuse française derrière « Coucou les girls » essaie de promouvoir le body positive d’une bien drôle de façon. D’abord en rentrant dans les standards de beauté (on aime). Ensuite en disant qu’elle n’a « jamais prôné le body positive », n’a « jamais voulu représenter les femmes fortes » et que « ce sont des étiquettes qu’on a envie de me coller », lors d’un statut-fleuve dans lequel elle explique avoir renoncé à la chirurgie bariatrique « parce que ça ne me va pas de me faire retirer un bout d’estomac parce que je n’ai pas suffisamment de volonté [pour maigrir] ».

Aujourd'hui je devais me faire opérer pour perdre du poids. On devait me retirer un bout d'estomac et me retrouver avec…

Posted by Coucou Les Girls on Thursday, March 14, 2019

 

Peu après, on l’a vue incarner Raphaëlle dans le téléfilm français « Moi, grosse », tiré du livre « On ne naît pas grosse » de Gabrielle Deydier. Film pour lequel elle a accepté de porter… un fat suit. Pour éventuellement repartir de plus belle vers le body positive.

On sait trop bien qu’il est difficile de s’accepter avec un corps différent dans le monde actuel (et c’est particulièrement vrai en France). Et qu’il est normal de parfois se retrouver à avoir des avis contraires à ceux qu’on a déjà eus. Mais de rejeter le blâme sur les autres, sur ses abonné(e)s, de l’avoir suivie et élevée ? Ça, c’est plus que douteux. Irrespectueux pour ses fans. (Pourtant, très peu d’entre elles et d’entre eux ne semblent avoir accroché sur cette dissonance…)


En résumé ?

Cette année a démontré qu’un site comme celui-ci avait définitivement une raison d’être. Après un peu moins de cinq mois d’existence, toute l’équipe de Grossophobie.ca – Infos et référence est prête à se lancer dans une nouvelle année d’éducation, de vulgarisation et d’explications des phénomènes contribuant à faire avancer – ou reculer – la lutte à la discrimination envers les personnes grosses.

De la part de toute l’équipe, nos meilleurs voeux pour l’année 2020 !


 

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À propos de l'auteur(trice)

Edith Bernier

Fondatrice de Grossophobie.ca - Infos & référence, conférencière et consultante, elle lutte activement contre la grossophobie depuis 2017. Elle a écrit sur les préoccupations des femmes taille plus en voyage (sur La Backpackeuse taille plus) pendant 6 ans.

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